« Aravane Rezaï, vous êtes la mieux classée des joueuses françaises au GDF. Ce changement de statut vous rajoute-il de la pression ?
Il y a toujours de la pression chez toutes les joueuses. Je vais essayer de gérer cela, j'aime bien jouer en France. C'est comme Roland-Garros, en plus petit. J'adore jouer à la maison. J'espère que le public français sera avec moi, que je vais produire mon meilleur tennis et que je vais donner aux spectateurs du plaisir.
Qu'avez-vous fait depuis l'Open d'Australie ?
On a travaillé avec Patrick (Mouratoglou, son entraîneur) et mon père. C'est reparti de plus belle. Je suis bien, je me suis bien entraînée, tout s'est bien passé. On va voir ce que cela va donner mercredi.
Où situez-vous votre niveau de jeu ? Comme à Sydney ou à Melbourne ?
J'essaie d'oublier les mauvais passages et de garder les points positifs du début d'année pour pouvoir les appliquer ici et sur chaque tournoi. Je me concentre déjà sur mon premier match, je ne vais pas me poser de question et rentrer dans la balle comme d'habitude. Je suis tranquille et sereine. C'est ce qui est le plus important aujourd'hui.
«J'ai vraiment envie de jouer pour mon pays, mais je veux être bien préparée pour gagner. Dix jours de stage de préparation, c'est trop long pour moi.»
Avez-vous regardé la Fed Cup ce week-end ?
Bien sûr. J'ai essayé de les encourager à distance et j'étais de tout coeur avec elles. C'est dommage qu'elles aient perdu.
Serez-vous présente lors de la prochaine rencontre ?
J'espère vraiment car j'ai envie de jouer pour mon pays. C'est important pour moi. On n'a pas tout le temps l'occasion de disputer la Fed Cup. J'ai vraiment envie de jouer pour mon pays, mais je vais être bien préparée pour la gagner.
Qu'est-ce qui a bloqué ?
Il y avait une période de stage un peu trop longue pour moi. Pour préparer un événement important, j'ai besoin de retrouver mes habitudes. Dix jours de stage, c'était beaucoup trop long. On a essayé de négocier pour que cela soit beaucoup plus court, mais leurs règles étaient strictes et ils n'ont pas trop changé leur point de vue. Si je veux gagner mon match et bien jouer, je ne peux pas me permettre de faire dix jours de stage.
Que pensez-vous de ces règles ?
Dans les autres équipes, les joueuses ont leur entraîneur privé au sein du groupe. Chacun pense ce qu'il veut. Mais je pense que c'est un plus. Une équipe comme la Russie ou l'Italie, est soudée et les joueuses sont toutes là . L'objectif est de gagner. C'est le plus important et il faut mettre tout en place. Pour préparer une Fed Cup, cela ne se fait pas en dix jours mais sur toute une année. Cela se travaille avec le capitaine. Chaque joueuse est différente et il faut s'adapter en fonction des besoins des joueuses.
«L'objectif est de gagner, c'est ce qu'on veut toutes. Il faut donc trouver d'autres solutions et c'est ce que font les autres nations.»
Avez-vous besoin de votre entraîneur Patrick Mouratoglou pour un match de Fed Cup ?
Non, je ne demande pas que mon entraîneur. C'est un tout. Il est important d'avoir le point de vue de tout le monde. Le but est d'aider tout le monde à progresser et à gagner. Si on reste fermé, on n'avance pas. Ce serait bien d'avoir le point de vue d'autres entraîneurs. L'objectif est de gagner, c'est ce qu'on veut toutes. Il faut donc trouver d'autres solutions et c'est ce que font les autres nations.
Quelles conditions faut-il précisément pour que vous participiez au match de barrages ?
J'ai proposé d'être présente cinq jours lors de la préparation sans mon entraîneur. Pour moi, c'était énorme. Si je rentre dans l'équipe, je veux bien jouer et gagner. En étant dix jours dans un stage, ce ne sont pas les meilleures conditions pour gagner. Cela ne se prépare pas sur dix jours, mais sur toute une année. Il faut que le capitaine connaisse vraiment les joueuses sur toute une année.
Nicolas Escudé a dit que la porte était toujours ouverte et qu'il espérait vous retrouver lors de la prochaine rencontre. Qu'en est-il pour vous ?
Je n'ai jamais fermé la porte. Je suis libre de jouer pour mon pays. C'est ce que j'ai dit dès le début, mais les conditions n'étaient pas les meilleures pour moi. Je n'ai vraiment pas envie de perdre. Si je vais en équipe de France et que je perds parce que je n'étais pas bien préparée, ce n'est pas l'objectif.»
Recueilli par Sophie DORGAN, Ã Coubertin