«Roger Federer, pouvez-vous raconter la fin du match ?
C'était fou. Après avoir gagné les deuxième et troisième sets, je me suis dit que j'aurais ma chance pour le breaker. J'ai eu des occasions, mais je n'arrivais pas parce qu'il variait bien son service. Je pensais qu'il n'allait pas se relever après les deux tie-breaks, mais il servait tellement bien qu'il avait toujours sa chance. Au cinquième set, c'était bien sûr difficile de rester calme car je ne voyais pas beaucoup d'occasions de le breaker. A chaque fois que j'avais une petite occasion, il servait bien ou je faisais une erreur et cela ne me donnait pas beaucoup de confiance. Pour finir, cela a marché. Je suis tellement content.
Vous remportez votre 15e titre, vous battez le record de Pete Sampras après une finale incroyable. Tout arrive en même temps ?
C'est beaucoup. Si je regarde un peu en arrière, je n'ai pas perdu depuis Rome. Cette série est incroyable avec le doublé Roland-Garros/Wimbledon. Ce sont des mois monstrueux dans ma carrière. Cela va être difficile de reproduire cela, j'en suis conscient. Il y a beaucoup de succès, beaucoup d'honneur, c'est fantastique. Mais je me réjouis pour la suite car j'adore jouer au tennis.
Est-ce que la finale de l'an dernier vous a aidé dans cette finale ?
Un tout petit peu. On peut se dire : "j'ai perdu l'année dernière, je gagne cette année". Mais cela ne va pas au-delà (sourires). L'année dernière, le match était complètement différent. A la fin, il faisait nuit, il y avait beaucoup d'échanges. Aujourd'hui, c'était services et retours. C'était assez différent. Je me suis dit que j'étais exactement où je voulais être à 13 partout dans le cinquième set à quelques points de la victoire. On peut aussi regarder négativement, mais je l'ai vu du côté positif. C'est important. J'y ai vraiment cru jusqu'à la fin. C'est peut-être grâce à l'an dernier.
«J'ai cru dans mon équipe. Cela a payé. Je suis très fier car je n'ai pas fait les changements drastiques que tout le monde attendait. J'ai eu raison, vous avez eu tort.»
Pete Sampras a dit que vous étiez le plus grand joueur de l'histoire du tennis. Qu'est-ce que cela vous inspire ?
C'est super que Pete soit venu. Cela me touche beaucoup. C'est son record, c'est un gars très sympa. C'est aussi pour ça que j'ai joué des exhibitions contre lui. J'avais envie de le connaître. Passer du temps avec lui m'a inspiré. Le tennis, ce n'est pas simplement coup droit et revers et essayer de tout gagner, il faut aussi avoir un peu de plaisir. Passer du temps avec des grands champions comme McEnroe ou Borg cette année me donne du plaisir, c'est quelque chose de différent. J'ai pu jouer des doubles, mais aussi manger avec eux le soir et passer du temps avec eux. Je ne le fais jamais si je ne fais pas ces exhibitions. Avec Sampras, on est très similaires, nous avons dix ans d'écart, c'est fantastique qu'il soit venu.
Pouvez-vous nous parler de votre équipe ?
J'ai cru dans mon équipe. Cela a payé. Je suis très fier car je n'ai pas fait les changements drastiques que tout le monde attendait. J'ai eu raison, vous avez eu tort (sourires). »
Recueilli par Sophie DORGAN, à Londres