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28/08/2008 04:55

Tennis - US Open (H) - Santoro n'a rien pu faire

Fabrice Santoro a été complètement dominé, lors de la session de nuit de l'US Open, par Andy Roddick (n°8) dans leur match comptant pour le premier tour. Etrillé en trois manches (6-2, 6-2, 6- 2), le Français n'a pu que regarder passer les missiles tout au long de la partie. Dont un, en fin de match, qui l'a particulièrement énervé. «J'ai vraiment été déçu par la façon dont il a servi sur l'avant-dernier point. Il a servi droit sur moi, c'est clair» a expliqué un Santoro agacé, qui a quitté le court en un éclair après une rapide poignée de main à son adversaire. Lequel s'est excusé après-coup de son «erreur». «C'était un service raté, a précisé l'Américain, qui a expliqué avoir voulu servir au milieu mais pas si long. J'étais vraiment excité par la façon dont je jouais. Finir comme ça, c'est décevant.» Au prochain tour, ce type de gros services devrait néanmoins aider Roddick face au redoutable Letton Ernests Gulbis.

Fabrice Santoro avait remporté la dernière rencontre qui l'avait opposé à Andy Roddick, en 2007 à Lyon. On pouvait donc imaginer que le magicien français pourrait éventuellement brouiller les cartes du jeu parfois stéréotypé de l'Américain. D'autant plus que ce dernier restait sur une remise en route difficile (défaite au 2e tour à Wimbledon) après une blessure à l'épaule droite. Défait en finale à Los Angeles (par Del Potro) et en quarts à Washington (Troicki), il pouvait être friable. Oui mais voilà, sur le court Arthur Ashe et devant son public, Andy Roddick a sorti l'artillerie lourde et endossé le costume de rouleau compresseur. Purement et simplement injouable. «Je me sentais bien, a souligné Roddick. Je ne me suis pas senti aussi bien depuis quatre, cinq mois. Cet endroit me donne un surcroît d'énergie.» Phénoménal au service avec évidemment une première balle tonitruante, mais aussi une deuxième très puissante, il s'est employé à démolir morceau par morceau la résistance adverse grâce également à un coup droit impressionnant.

Un Roddick de gala
Roddick ne s'est pas rendu aux Jeux Olympiques de Pékin afin de se donner les meilleures chances de s'imposer chez lui pour la deuxième fois après 2003. Une ambition affichée dès les premiers échanges où il est parti tout de suite à l'offensive sans laisser à Santoro le temps de s'organiser, refusant de se laisser entraîner dans la célèbre cuisine du Français. Ce dernier, qui avait livré un combat héroïque mais perdu en 2007 face à James Blake, sait mieux que personne faire griller les fusibles de nombreux joueurs du circuit. Slice, changements de rythme, montées au filet, amorties, Santoro ne livre jamais la même balle et compense ainsi sa moindre puissance. Une tactique qui a fait ses preuves, mais qui peut parfois se heurter à un mur quand, en face, il trouve un bombardier du calibre d'Andy Roddick. Le score en devient anecdotique. Un break d'entrée dans chaque manche, doublé dans la première pour finir en roue libre (6-2), idem dans la deuxième (6-2) et encore dans la dernière (6-2). Fin du cauchemar pour Fabrice Santoro, qui a donc fini en colère après avoir échappé de peu à un énième ace et qui a refusé de se placer au retour de service sur la balle de match, faisant signe à Roddick de servir quand même. Debout loin derrière la ligne de fond, le Français a regardé passer la mise en jeu adverse sans broncher, avant de souligner après le match que Roddick était néanmoins un «gars bien» qu'il «appréciait».

Le service et le coup droit des grands jours, un revers qui tient mieux la route que ces derniers moi et voilà un Andy Roddick qui s'est donc jeté en toute confiance dans la moindre balle. C'est ce service-là qui avait permis à Roddick en mars à Dubaï de se débarrasser à la surprise générale de Rafael Nadal et Novak Djokovic, c'est peut-être également ce service qui pourrait lui permettre de gagner le jackpot à New York. Son prochain match, face à Gulbis, nouveau venu dans la catégorie des mitrailleurs, fera office de révélateur. «Gulbis sert plus fort, a précisé Roddick. Mais il est un peu inconstant. Je dois être prêt pour le moment où il sera un peu moins bien mentalement.» Est-ce que A-Rod est véritablement de retour ou est-ce que, comme depuis quelques saisons, il reste sur courant alternatif ? Dans ce dernier cas, Santoro aura simplement eu la malchance de tomber un jour d'éclaircie. C.B.

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