TSONGA RENOUE LE FIL
Par Alexandre QUEYROY

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 Tout sur l'US OpenJo-Wilfried Tsonga a bien mis à profit le coup de pouce du destin pour accéder au deuxième tour, à l'issue d'une partie allée crescendo. Pour son retour à la compétition le Manceau héritait de Santiago Ventura... sa dernière victime à Casablanca, avant le réveil de sa blessure au genou. L'occasion d'exorciser trois mois de frustration, après une opération du ménisque droit qui l'a obligé à tirer un trait sur Roland-Garros, Wimbledon et les Jeux Olympiques de Pékin. Hormis ce mauvais souvenir, l'Espagnol constituait une proie idéale pour une reprise : 108e mondiale à 28 ans, première participation à l'US Open, une seule victoire en Grand Chelem et aucun tournoi ATP disputé sur dur cette saison. Du pain bénit, même pour un Tsonga rouillé. Le finaliste de l'Open d'Australie s'en est sorti en quatre sets (6-7 [3], 6-4, 6-2, 6-3), en 2h40', après une entame totalement manquée. Lors des premiers jeux, Tsonga manque de vivacité, d'agressivité, notamment au service. Il est souvent pris de vitesse par un Ventura qui joue crânement sa chance, en prenant le filet. L'Espagnol s'échappe (double break, balle de 5-1) mais le Manceau est tellement loin de son meilleur niveau qu'il n'y a pas vraiment de quoi s'inquiéter. Petit à petit, Tsonga lâche davantage ses coups (30 coups gagnants dans les deux derniers sets), y compris au service, bouge mieux et pousse à la faute son adversaire, peu à l'aise à la volée. S'il lâche le premier set au tie-break après une belle remontée, il s'impose sans trembler dans les trois manches suivantes, se permettant même d'enflammer le public du Grandstand lors des derniers jeux. Le Manceau devra confirmer sa montée en puissance au prochain tour, contre l'Espagnol Carlos Moya, tombeur du Pakistanais Qureshi. Et apprendre à gérer son impatience, qui l'a poussé à hurler de dépit dans le quatrième set, après plusieurs retours de service ratés, même s'il reste lucide : «Je n'ai pas joué un très bon tennis, j'ai simplement joué avec mes moyens. Je suis heureux de retrouver les courts mais encore un peu inquiet par mon genou. Cela faisait trois mois que je n'avais pas joué alors je ne m'attendais pas à jouer mon meilleur tennis. Mais le fait de savoir que je n'allais pas jouer un bon tennis m'a permis de ne pas paniquer après la perte du premier set et finalement de gagner en quatre sets plutôt facilement.»
Hécatombe chez les Français
Arnaud Clément, passé près d'une médaille olympique en double, n'a pas eu autant de chance que Tsonga au tirage au sort. Deux mois après son quart de finale à Wimbledon, l'Aixois se voyait proposer d'entrée Novak Djokovic, médaillé de bronze à Pékin et finaliste l'an dernier. Comme prévu, le Serbe s'est imposé tranquillement (6-3, 6-3, 6-4) en moins de deux heures, en imposant son jeu cadencé du fond du court et en serrant le jeu aux moments clés. Seule alerte pour Djokovic, qui se dit fatigué après un début de saison quasi parfait : il s'est tordu la cheville gauche au troisième set, sur un retour de service, et a dû se faire bander par le kiné. Le Serbe affrontera au deuxième tour Robert Kendrick, tombeur de Nicolas Mahut (7-6 [3], 6-4, 5-7, 7-5) au terme d'un match ponctué de nombreux points gagnants (76 à 41) et peu de fautes (28 contre 24). Ces deux très bons serveurs n'ont eu que très peu de balles de break à se mettre sous la dent mais l'Américain, 113e mondial, a profité d'un mauvais jeu de l'Angevin, marqué notamment par une double faute, à 5-5 au quatrième set, pour conclure. Ce mauvais résultat d'ensemble des Français est complété par la défaite de Julien Benneteau, toujours vierge de victoires à l'US Open pour sa cinquième participation. Le Bressan, perturbé par des blessures depuis son bon parcours à Roland-Garros, a cédé en cinq sets contre le Croate Marin Cilic, 24e mondial (4-6, 7-5, 6-3, 6-7 [7], 6-2), après avoir sauvé une balle de match lors du tie-break. Mais malgré ses 19 ans, Cilic, vainqueur à New Haven la semaine dernière, a bien géré la dernière manche et confirmé sa progression des derniers mois. Enfin, Fabrice Santoro a été complètement dominé, lors de la session de nuit, par Andy Roddick (n°8) dans un match comptant pour le premier tour. Etrillé en trois manches (6-2, 6-2, 6- 2), le Français n'a pu que regarder passer les missiles tout au long de la partie.
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Comme Djokovic et Roddick, Nikolay Davydenko (n°5) n'a pas non plus traîné pour se défaire de l'Israélien Dudi Sela (6-3, 6-3, 6-3). Le Russe n'a plus que l'US Open pour améliorer le bilan d'une saison décevante en Grand Chelem, et seulement égayée par son succès à Miami, il y a cinq mois. «J'ai bien joué pour un premier tour, car ce n'est pas évident avec le stress. Mais je me suis bien battu et je suis resté concentré, a commenté le Russe, qui avoue avoir connu une panne de motivation cet été. Après ma défaite au premier tour à Wimbledon, j'ai perdu mon mental, et tout le reste. Je n'avais plus envie de jouer, de préparer un tournoi, ce qui explique pourquoi je n'ai pas bien marché à Toronto et à Cincinnati.»



















