Face au Stade Français, son entrée en jeu avait dynamisé le jeu des Toulousains. David Skrela encore un peu court, Nicolas Bézy pouvait fêter sa première titularisation avec le Stade Toulousain cette saison. Vif dans le jeu, prenant souvent les bonnes décisions, le jeune ouvreur de 20 ans confirmait tout le bien que l'on pouvait penser de lui. Et ce n'était pas évident face à une équipe de Montpellier qui prenait un malin plaisir à bousculer les Rouge et Noir. Pourtant, Bézy surnageait et ses premiers échecs face aux perches n'inquiétaient même pas.
Quand le MHR eut prit le score à son compte, il ne cédait pas à la panique. Au contraire, dans les ultimes secondes de la rencontre, il s'emparait du ballon et perçait la défense adverse pour inscrire un essai salvateur. « Quand j'ai marqué, tout le monde me félicitait et moi je leur disais : attendez, il faut encore que je passe la transformation » confie-t-il dans les colonnes de La Dépêche. Le jeune homme avait il encore assez de jus pour tenter ce coup de pied capital qui aurait pu assurer la victoire aux Toulousains ? Bézy n'est pas du genre à se poser la question. « C'était à moi de prendre mes responsabilités puisque j'avais été buteur jusque là . J'essaie de viser le poteau droit avec un effet de droite à gauche, mais ça sort ».
Après la rencontre, le garçon peine à masquer sa déception. « Cela m'aurait fait plaisir de faire gagner l'équipe. Cela m'aurait permis de me rattraper de l'essai montpelliérain qui est pour moi puisque Fulgence Ouedraogo me raffûte et je n'arrive pas à le plaquer ». Assurément ce match restera longtemps gravé dans sa mémoire, voire dans sa chair. Mais c'est par ces épreuves que les bons joueurs deviennent de grands joueurs. Byron Kelleher, qui passe par là , ne s'y trompe pas et pose une main amicale sur l'épaule de Bézy. « Ne t'inquiète pas ! ». Mais rien n'y fait, la blessure est trop profonde. « Tout le monde a été très gentil avec moi. Les mots qu'ils me disent me touchent mais je n'arrive pas à oublier que j'ai raté la gagne ». - B.L.

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