En temps normal, il aurait été difficile de ne pas parler de rouste. OK, la fessée springbok (42-17) était prévisible mais les fesses tricolores s'en remettront sans doute assez vite. Pourquoi ? Parce que cette Tournée - étouffée par la Coupe du monde de foot - a toujours été considérée comme une parenthèse et non comme une contre-expertise des certitudes acquises lors du Grand Chelem. Pour déculpabiliser les Bleus, deux excuses (recevables) s'avancent : l'usure d'une saison élastique et le manque évident de repères sur la règle plaqueur-plaqué. Les écarts de motivation, condamnés par Marc Lièvremont, sont en revanche plus gênants.
«Je ne vais pas prévenir d'une contre-performance mais on sait bien qu'à cette époque de l'année c'est extrêmement compliqué, avait indiqué Marc Lièvremont lors du rassemblement du XV de France à Marcoussis. C'est une parenthèse dans la saison. Ce n'est pas un discours de battu d'avance. Si on ne s'y file pas comme au mois de novembre, on sait que l'on sera vraiment dans le dur. Mais personne ne sera jugé et condamné sur cette tournée.»
Les approximations du XV de France ont gangréné l'ensemble de leurs actions de jeu. Certains secteurs, comme la conquête, là où les Bleus avaient construit leur Grand Chelem, ont ainsi déçu. Mais pas autant que les trois-quarts...
- La touche orpheline d'Imanol Harinordoquy. Enlevez le troisième-ligne du BO de l'alignement et c'est tout le bloc tricolore qui s'effondre. Cinq ballons perdus sur onze touches. Harinordoquy n'a pas de remplaçant.
- Guirado plutôt que Szarzewski. On le sait. Dimitri Szarzewski est plus à l'aise sur les phases dynamiques - où il peut faire parler son explosivité - qu'en mêlée fermée. Guilhem Guirado devrait donc être logiquement titularisé face à l'Argentine pour contrer le pack rugueux des Pumas.
- Des trois-quarts en dedans. François Trinh-Duc en difficulté sur ses ballons portés et incapable de s'adapter à la défense des Boks. Maxime Mermoz et David Marty dépassés par le rythme, coupables de passes "degueulées" et de plaquages manqués : les trois-quarts français ont été surclassés par les Januarie, Fourie, Habana et surtout Aplon.
Il reste donc deux matches aux Bleus pour gommer quelque peu le couac sud-africain : le 19 juin à La Plata contre une sélection de Buenos Aires. Et le 26 juin face aux Pumas à Buenos Aires. Pour l'heure, pas de catastrophisme. Le XV de France vient peut-être d'enregister son cinquième plus gros revers depuis 1998 mais il n'est pas comparable à l'humiliation de Twickenham en 2009 face à l'Angleterre (34-10) ou à la démonstration des All Blacks à Marseille en novembre dernier (12-39). Alors que doit-on désormais attendre des Bleus ? Qu'ils s'imposent en Argentine bien sûr. Il leur faut surtout s'"excuser" d'un relâchement coupable. - V.P-L

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