Le handball tricolore a décroché dimanche à Pékin la toute première médaille d'or olympique de son histoire après sa victoire sur l'Islande en finale (28-23). L'entraîneur de l'équipe de France, Claude Onesta, revient sur ce «moment inoubliable», conséquence directe de la force collective du groupe, qui a abordé sa première finale olympique en «s'attendant à match difficile, où rien ne va comme on veut.»
«Claude Onesta, l'équipe de France a remporté la finale des Jeux Olympiques...
Ca n'était pas facile à appréhender, car jusque là , on était les grands favoris et on en avait toute la charge sur les épaules. Dans les cinq premières minutes, on s'était promis de les faire souffrir pour qu'ils descendent du nuage sur lequel ils étaient depuis le début de la compétition. Ca s'est fait assez vite, les Islandais ont compris que ce serait difficile pour eux. Après, il a suffi de gérer avec la possibilité de faire rentrer tout le monde. Derrière, on a eu une défense dominatrice qui a mis le gardien Thierry Omeyer dans les meilleures conditions. L'équipe a dégagé une énorme force collective. La fête est complète, tout le monde y a participé. C'est vrai qu'il n'y a pas trop eu de suspense pour les supporters. Mais on l'a cette médaille, elle appartient à nous tous. Tout le monde l'attendait depuis longtemps. C'est tellement beau en plus, une salle acquise aux Bleus, des supporters français partout, c'est un moment inoubliable !
Vous aviez invité à la méfiance après la demi-finale remportée face aux champions olympiques croates...
Ca a été difficile aujourd'hui encore. Je peux vous dire que je n'ai pas beaucoup dormi depuis trois nuits. Il y avait quand même cette sérénité liée à la force que dégage cette équipe. On sentait bien qu'elle n'allait pas se démobiliser, que les joueurs étaient complètement concernés et concentrés. J'ai essayé de leur dire ce matin (dimanche) qu'il ne fallait pas imaginer un match parfait. Qu'au contraire, il fallait s'attendre à un match difficile où rien ne va comme on le veut, où tout est contre nous, et où malgré cela, on est très appliqué et pour s'en sortir.
La clé a t-elle été de ne pas les sous-estimer ?
Nous sentions bien que nous étions forts car nous avions dominé physiquement et mentalement les équipes adverses. Donc nous savions bien que ces éléments étaient prédominants dans l'approche de l'analyse de nos adversaires. Nous avons été capables de les prendre au sérieux et de réaliser un match tout aussi sérieux.
C'est un accomplissement pour une équipe qui aurait pu tout gagner ces deux dernières années...
Si l'aventure allemande n'avait pas été bizarre (défaite en finale du Mondial sur décision litigieuse d'un arbitre), on aurait pu être champions du monde, d'Europe et olympique. C'est dire que cette équipe fait partie de celles qui dominent vraiment la compétition sur les deux dernières années. Je crois qu'on était tellement mobilisés et tellement déterminés depuis les JO d'Athènes, qu'on s'était promis de ne pas se rater ce coup-ci.
On les a sentis très unis...
Tout le monde a été exemplaire depuis le premier jour des rassemblements. Personne n'a douté une seconde qu'on irait au bout. Il a fallu aussi un peu de chance. La blessure de Jérôme (Fernandez) a été un sacré pépin, mais la force du groupe a réussi à compenser le handicap. Et Cédric Burdet est devenu exceptionnel. Je crois que les gens ne renaissent que lorsqu'ils sont dans une atmosphère de qualité. C'est sûrement de là que la réussite est venue. Dans la capacité du groupe, avec le staff, à vraiment tout mettre en oeuvre chaque jour pour s'améliorer, pour être plus fort, plus précis. Il n'y a pas de tricheur dans cette équipe.»
Recueilli par P.B., à Pékin

