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Mark Webber avait déjà fait une démonstration lors des qualifications en venant décrocher la pole dans les derniers instants de la séance au nez et à la barbe de Robert Kubica. L'Australien a refait le coup en course en se montrant littéralement intouchable pendant les 78 tours du circuit monégasque. La voiture de sécurité a pourtant fait quatre fois son apparition, permettant à ses adversaires de revenir dans son sillage, mais Webber a toujours repris le large, irrémédiablement. Seule ombre au tableau, le Grand Prix s'est terminé sous régime de safety car après un dernier accident à trois tours de l'arrivée.
Dès le départ, c'est l'Australien qui s'est infiltré le premier dans le virage de Sainte-Dévote, suivi non pas de Kubica, deuxième sur la grille, mais de Vettel, qui arrivait à devancer le Polonais. Webber n'avait cependant pas le temps de se détacher que Nico Hulkenberg se manquait dans le tunnel et crashait sa Williams contre le rail de sécurité. La safey car entrait en piste pour six tours, et Fernando Alonso, parti des stands, tentait lui un pari fou en changeant ses pneus tendres pour des durs. Pour le champion du monde en titre Jenson Button, la course s'arrêtait dès le troisième tour lorsque le moteur da sa McLaren rendait l'âme.
Au classement des pilotes, Mark Webber prend la tête en compagnie de Sebastian Vettel avec 78 points. Fernando Alonso suit avec 73 points.
Une fois libéré, Webber reprenait sa calvacade solitaire, battant record du tour sur record du tour, et se détachant dixième par dixième de ses poursuivants, totalement incapables de tenir son rythme. Même Vettel devait s'avouer vaincu. La série d'arrêts aux stands, entre le 20e et le 25e tour, ne changeait rien à l'affaire. Trois nouvelles apparitions de la voiture de sécurité, au 32e, 42e et 75e tour, suite à un accident de Rubens Barrichello (Williams) dans la montée de Massenet, un problème de drainage au même endroit et un accrochage entre Jarno Trulli (Lotus) et Karun Chandhok (Hispania) à la Rascasse, n'ont plus.
Heureusement pour le spectacle, Alonso réussissait lui son pari fou. Opportuniste en rentrant aux stands dès le premier tour, l'Espagnol se faisait ensuite équilibriste en doublant tour à tour Lucas Di Grassi, Jarno Trulli, Timo Glock et Heikki Kovalainen en l'espace de quelques tours. Des dépassements à la sortie du tunnel et parfois à la limite. Une fois revenu dans le peloton, Alonso profitait ensuite des arrêts aux stands pour doubler presque une dizaine de pilotes et se retrouver sixième, devant Michael Schumacher et Nico Rosberg, une place qu'il a ensuite presque réussi à conserver malgré l'usure de ses pneus, le septuple champion du monde trouvant l'ouverture dans le dernier tour. Un dépassement qui sera cependant soumis à enquête des commissaires car les monoplaces étaient alors dans la procédure de restart. - Fabrice BOSSET, à Monaco