« Cette défaite est une grosse déception, car les Bleus ne méritaient pas de perdre face à une équipe biélorusse très bien organisée, avec une très bonne maîtrise collective et un réalisme impitoyable. Mais ce n'était "que" la Biélorussie. On a eu des occasions mais rarement très franches, et à l'arraché. Souvent par des frappes de loin. Je n'ai jamais senti une véritable emprise des Bleus. En l'absence d'un vrai meneur de jeu, on a vu une équipe de France avec un jeu stéréotypé, trop académique, cherchant systématiquement Hoarau dans le duel aérien ou la déviation. Il manquait quelqu'un dans l'entrejeu pour servir de relais. Cette équipe manque d'initiatives, de caractère, de personnalité et de talents, hormis Malouda qui s'est dépensé sans compter. Il y a également eu trop de déchets, et le haut niveau ne supporte pas la médiocrité. Non seulement ce match n'a rien réglé mais il a aggravé les choses. On a montré certaines limites inquiétantes pour l'avenir.
PRECISIONS : «Contrairement, à ce que j'ai pu écrire lors de ma dernière chronique, si Laurent Blanc m'appelle à Clairefontaine, je ne viendrai pas. Pourquoi ? Parce que je ne suis pas sous contrat avec la FFF, je n'occupe aucune fonction à la Fédé. Et je ne suis pas un psychanalyste. Il faudrait aller discuter avec les joueurs de l'équipe de France pour leur transmettre des valeurs. Mais si ces joueurs n'ont pas saisi l'importance ce revêtir le maillot Bleu, alors pour moi ils n'ont rien à faire là. Mon rôle est ailleurs. Il y a un encadrement qui est en place, et les joueurs savent ce qu'ils ont à faire.»
J'ai vu jouer une bonne équipe de Ligue 1, sérieuse, solidaire assez combative. Mais trop de joueurs ont des limites. Beaucoup, même en Ligue 1, sont loin de crever l'écran. Je pense que nous surestimons tous ces joueurs. La responsabilité est peut-être d'ailleurs partagée par tout le monde, que ce soit le public, les médias, les consultants... Avec cette nouvelle génération, la barre n'est-elle pas trop haute ? Avons-nous le talent que nous prétendons depuis des années ? Pour moi, le constat est clair : aujourd'hui, nous sommes incapables de gagner contre qui que ce soit. Je suis donc très perplexe.
Il y a quand même quelques points positifs. J'ai vu une équipe appliquée avec de la détermination et une envie de bien faire. J'ai bien aimé la rentrée de Valbuena et les dix minutes de Gameiro, qui fut extrêmement mobile et demandeur dans l'intervalle. De petits gabarits comme ces deux joueurs sont toujours très difficiles à manoeuvrer pour une défense. Il y a aussi des circonstances atténuantes car les onze joueurs alignés d'entrée ne totalisaient qu'environ 150 sélections, ce qui fait seulement 14 sélections en moyenne par joueur. C'est trop peu. Et il ne faut pas oublier le contexte énorme. Tout ça a peut-être contribué à annihiler les joueurs, bien que le public a, lui, joué le jeu jusqu'au bout.
Il faut être indulgent mais, mardi, ils vont jouer la Bosnie. Une chose est sûre : mentalement, ils ont le trouillomètre à zéro. Ils se disent forcément qu'avec une défaite là-bas, ce sera très difficile ensuite de remonter la pente. Les Bleus devront montrer un tout autre visage en étant plus agressifs et en sachant exploiter à fond les rares occasions qu'ils auront. Il faudra être bien meilleur techniquement dans la dernière passe et avoir une aptitude à relever le challenge. Cela passe par des capacités mentales et physiques mais aussi par des qualités intrinsèques. L'équipe de France doit aller chercher le point du nul pour éviter une très mauvaise spirale et de graves conséquences pour la suite. »