«Oui, on doute, et ça se voit dans notre manière de jouer». Fait rare à Bordeaux : au lendemain de la défaite concédée à domicile face à Auxerre (1-2), Laurent Blanc a reconnu ce jeudi que son équipe commençait à se poser des questions. L'entraîneur a pris la parole avant l'entraînement du jour pour recadrer ses troupes et les placer «devant leurs responsabilités». «Je ne vais pas dévoiler le détail de la discussion, mais il y avait une mise au point à faire, a indiqué le coach aquitain. Le contenu portait sur les résultats et l'insuffisance comptable, car un seul point de pris sur six au cours des deux derniers matches à domicile, ce n'est pas bon.»
Une causerie axée sur l'échange. «Il y a eu d'abord un monologue, puis un dialogue, a-t-il souligné, sourire malicieux en coin. Le discours a été un peu musclé, mais dans le calme, parce que c'est ce que je préconise. Crier, ce n'est pas ce que les joueurs attendent ; ils attendent la critique, l'analyse, et la solution pour pouvoir rebondir.» Une approche plutôt basée sur la «psychologie». «Il faut aider les joueurs, et ne pas les accabler, a-t-il expliqué. Et le faire, ce n'est pas de la compassion, mais leur dire des vérités, et surtout leur faire prendre conscience qu'en continuant comme ça, on se met en danger par rapport à nos objectifs.»
Stigmatisant un «manque d'efforts dans le jeu», mais pas un syndrome «grosse tête», Blanc a touché la corde sensible. «On a perdu quelques certitudes et individuellement, une certaine confiance aussi. Depuis 2010, on peut voir qu'il y a un peu de suffisance, et c'est un vilain défaut. Alors, quand on gagne les matches, on peut l'admettre, mais quand on ne fait plus la différence sur l'adversaire, ça devient très dangereux. On s'est gargarisé d'un certain confort. Il faut en assumer les difficultés.» Sans oublier de finir sur une note «d'optimisme : Le paradoxe, c'est que l'on traverse une mauvaise passe, mais que l'on est toujours premier. C'en est un parce que je pense qu'actuellement on n'a pas les qualités qu'un leader doit avoir. On va donc voir maintenant si l'on est capable de rebondir, et si l'on a du caractère. C'est le moment de le démontrer à Monaco (samedi, ndlr).» - Laurent BRUN, au Haillan