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Le 02/03/2010 à 15:56 | Mis à jour le 02/03/2010 à 17:41

Foot - Chronique

Ribéry, et autres contrariés

Franck Ribéry n'est pas le premier international à être frustré par son poste. A ce jeu, les sélectionneurs sont très peu influençables. Quatre exemples.
Franck Ribéry souhaite être fixé à gauche, le poste dédié à Thierry Henry... (L'Equipe)
Franck Ribéry souhaite être fixé à gauche, le poste dédié à Thierry Henry... (L'Equipe)

Thuram, arrière droit pour toujours

Lilian Thuram fut considéré pendant des années comme l'un des tous meilleurs défenseurs centraux du monde, et il a réalisé une Coupe du monde 2006 époustouflante à ce poste. Mais s'il a atteint le chiffre record de 142 sélections, il le doit en grande partie à sa présence dans la ligne défensive la plus forte de l'histoire des Bleus. Dans le quatuor Thuram - Blanc - Desailly - Lizarazu, il était un latéral droit contrarié, placé là par Aimé Jacquet lors d'un match amical en Norvège en juillet 1995 (0-0), en Belgique en mars 1996 (2-0) et stabilisé pour de bon lors de la phase finale de l'Euro 1996. C'est à sa propre surprise que Thuram a disputé un match de Coupe du monde 2002 dans l'axe (Danemark, 0-2). Il a fallu le déclin imprévu de Marcel Desailly pour le voir devenir défenseur central à temps plein juste avant (et pendant) l'Euro 2004. Cela faisait longtemps qu'il n'en parlait plus, même s'il n'en pensait pas moins... En tout : huit ans de loyaux service sur le côté.

Henry, le buteur qui jouait ailier

Quand l'équipe de France s'est réorganisée en 4-2-3-1 avec l'éclosion de Gourcuff après l'Euro 2008, Thierry Henry, le meilleur buteur de l'histoire des Bleus, n'a pas trop fait la moue, même s'il s'agissait de redevenir ailier gauche à la place d'un Malouda provisoirement écarté. A Barcelone, c'était son poste depuis 2007, et il a fini par s'y faire. Henry avait eu beaucoup plus de mal à retenir sa frustration dans la foulée de l'Euro 2000, quand Roger Lemerre avait lui aussi tout misé sur un 4-2-3-1 qui bonifiait le registre de Zidane dans l'axe, celui de Pires à droite et celui de Trezeguet dans l'axe. Henry, vedette absolue à Arsenal en position de numéro neuf, voyait ses chevauchées cantonnées sur un côté. Adepte du 4-4-2, Jacques Santini a replacé Henry dans l'axe dès l'été 2002, poste qu'il a conservé durant les quatre premières saisons de l'ère Domenech. N'empêche, les Bleus n'ont sûrement jamais été aussi forts qu'en 2001. Avec Henry boudeur et excentré.

Zidane, un meneur sur les côtés

En prenant en main l'équipe de France au lendemain du fiasco de la Coupe du monde 2002, Jacques Santini n'a pas eu de mal à implanter son organisation référence, le 4-4-2 avec deux meneurs excentrés. L'air était au changement, et l'équipe de France était devenue trop prévisible dans son 4-2-3-1. Il fallait bien ça pour transformer Zidane, l'as des meneurs de jeu axiaux, en joueur de couloir excentré côté gauche, du moins dans l'organisation de départ. Santini a eu des alliés pour faire passer son idée : tous les entraîneurs du Real successifs avaient eux aussi décalé Zidane sur son aile d'attirance, dans un 4-1-3-2 où Raul soutenait Ronaldo dans l'axe. Les résultats (quatorze victoires consécutives), et une certaine liberté de manoeuvre avaient étouffé l'idée d'une rébellion au grand jour. Jusqu'à l'Euro au Portugal. Les joueurs militaient pour un un 4-3-1-2 avec Zidane dans l'axe. Le coach a fini par leur donner un 4-4-2 avec... Zidane milieu droit. Et une liberté de mouvement qui frôlait la violation des consignes.

Gallas, roi des latéraux

L'histoire ne dit pas si, dans le huis clos de Clairefontaine, depuis quatre ans qu'il évolue en défense centrale, Gallas a renvoyé à Domenech sa petite phrase sur « le roi des cons ». C'est ainsi qu'en 2003, le sélectionneur des Espoirs avait qualifié son ex-défenseur pour commenter sa volonté farouche d'évoluer dans l'axe et non sur les côtés. De fait, l'actuel patron de la défense tricolore a débuté chez les Bleus comme stoppeur en 2002 avant d'y devenir un latéral polyvalent lors de l'Euro 2004 puis lors des deux premières années de l'ère Domenech (2004-2006). D'abord plutôt à droite (sous l'ère Santini), il finit plutôt à gauche, Sagnol ayant pris le poste à droite, et Domenech privilégiant d'autres options dans l'axe (Thuram, Boumsong, Squillaci, Givet). On vit Gallas littéralement traîner sa peine lors de certains matches, notamment lors d'un France - Suède oublié en 2005 (1-1), où il sembla saboter quelques interventions. L'éclosion d'Abidal, et une certaine forme d'évidence, ont replacé Gallas dans l'axe dans la dernière ligne droite de la Coupe du monde 2006. Ribéry peut se consoler : si sa présence à gauche et non à droite devient une évidence, son entraîneur devrait s'en apercevoir. - Cédric ROUQUETTE

L'EXPERT

Cédric Rouquette

Cedric Rouquette est journaliste à L'Equipe.fr et décrypte l'actu foot chaque semaine.
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