DU JEU, MAIS DES REGRETS
Par Cédric ROUQUETTE

Quarante-huit heures après les événements dramatiques de Catane, il reste quelques simples d'esprit pour confondre un Marseille - Paris-SG avec une guérilla urbaine, et caillasser des bus ayant le tort d'être immatriculés 75. Heureusement, irréprochables dans leurs déclarations d'avant-match, les joueurs l'ont aussi été sur la pelouse. Marseillais et Parisiens ont livré l'un des meilleurs matches de la saison et accouché d'un match nul équitable (1-1). Evidemment, l'affaire est un peu plus difficile à avaler pour l'OM, qui évoluait à domicile, où il n'avait jamais partagé les points cette saison (8 victoires, 2 défaites). L'équipe d'Albert Emon est obsédée par la course à la Ligue des champions et sa victoire contre Lyon en Coupe (2-1) lui avait donné quelques idées. Elle doit pourtant se contenter de la quatrième place, après avoir ouvert le score à la 63e par Djibril Cissé, à la reprise d'une remise de Niang, servi par Ribéry. Lille a encore deux points d'avance. Rageant.
Mais l'OM aurait tort de dresser un bilan négatif de sa grosse débauche d'énergie. Perturbé par l'opposition cohérente du PSG (offrande de Zubar à Pauleta, 6e), le club phocéen s'en est d'abord remis au talent de ses individualités pour semer le danger, notamment à un superbe Samir Nasri. Après la pause, Landreau a eu besoin de tout son métier et de toute sa réussite (poteau de... Nasri à la 48e minute) pour limiter les dégâts face à une équipe phocéenne rééquilibrée par l'entrée de Pagis et très emballante sur le plan offensif. Paris, au mental souvent friable, eut de son côté la ressource pour égaliser dans un climat hostile, sur un but assez proche de celui inscrit par l'OM, sauf que celui-ci partait d'un coup franc de Rothen. Pauleta retrouvait son meilleur instinct pour battre Carrasso de près (75e) et rejoindre Savidan en tête du classement des buteurs. Le premier but du PSG version Le Guen en L1. Le jeu en bloc imposé par l'ancien entraîneur lyonnais a transformé l'agressivité et la confiance dans leurs propres moyens des hommes de la capitale. Un signe : il y a moins de trois semaines, ils se contentaient d'un mauvais 0-0 au Parc contre Toulouse. Dimanche, ils regrettaient de ne pas avoir cueilli trois points au Vélodrome.
C'est aussi, en partie, le signe de l'urgence qui s'accroche toujours à la situation du Paris-SG. Il n'avait plus vraiment le droit de perdre après le coup de tonnerre du début de soirée, la victoire de Troyes contre le leader Lyon (1-0), s'ajoutant à celles de Nice et Sedan, samedi. Le PSG est dix-septième avec un point d'avance sur la ligne de flottaison. Le travail à abattre reste colossal. Troyes, seizième à deux enjambées, a infligé au leader le plus malheureux des scénarios, avec un but inscrit cinq minutes au-delà de la 90e, sur un tir de Nivet consécutif à un invraisemblable cafouillage. Toute l'oeuvre de l'OL n'est pas effacée sous le poids de cette quatrième défaite en championnat : il conserve onze points d'avance sur Lens en tête. Mais sa confiance, son aura, son jeu aussi, vivent ce qui ressemble à un effondrement depuis le net succès à Bollaert contre son dauphin, le 17 décembre (4-0). Depuis, Lyon n'a battu qu'une seule équipe pro (Le Mans, 1-0). L'équipe de Gérard Houllier reste sur cinq matches de L1 sans victoire, dont trois défaites. Du jamais vu sous l'ère Aulas : il faut remonter à l'été 1983, année de la descente en D2, pour trouver trace d'un trou d'air pareil. Le score de parité n'aurait pas été volé, même si Troyes s'était procuré les meilleures occasions (Coupet sauvé par le poteau dès la 12e minute). La réussite a tourné. Et ça commence à durer.














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