A bientôt 38 ans, Lance Armstrong est devenu dimanche le deuxième coureur le plus âgé à monter sur le podium du Tour de France, derrière Raymond Poulidor (40 ans), et cela m'impressionne forcément. Après trois années sans compétition, son retour sur le podium prouve qu'il y a quelque chose d'exceptionnel chez ce coureur. Ses chances de bien figurer s'étaient réduites après sa fracture de la clavicule au Tour de Castille-Leon et pourtant il a réussi à retrouver un niveau très compétitif sur le Tour de France. Face à Alberto Contador et Andy Schleck, il n'a pas pu cacher quelques limites en haute montagne et ses performances en contre-la-montre (16e à Annecy) montrent que le Grand Armstrong, celui étouffait la moindre concurrence entre 1999 et 2005, n'est pas de retour. Mais certaines qualités ne l'ont pas abandonné.
Lance Armstrong a conquis sa place sur le podium grâce à une expérience exceptionnelle et avec une science de la course indéniable. Symboliquement, cela s'est caractérisé par ces quatre secondes grappillées dans une cassure à Aubenas qui l'ont conforté dans sa lutte pour le podium. Dès le troisième jour, il avait prouvé à tous ses rivaux sa grande concentration et son sens stratégique en évitant le coup de bordure des Columbia, contrairement à l'ensemble des autres favoris. Sa seule erreur aura peut-être d'essayer de suivre Alberto Contador et Andy Schleck dans l'ascension de Verbier. Il s'est retrouvé en surrégime à six kilomètres de l'arrivée et a été distancé par Bradley Wiggins et Frank Schleck qui ont contesté jusqu'au bout sa troisième place. Armstrong a retenu cet incident en gérant les ascensions suivantes.
Le septuple vainqueur du Tour de France a également profité d'une formation Astana surpuissante. Comme Contador et Klöden, il a profité du contre-la-montre par équipes pour se placer idéalement en haut du classement général, même s'il a laissé échapper le Maillot Jaune pour 22 centièmes. A partir de ce moment-là, j'ai l'impression que le manager Johan Bruyneel a recherché à retarder au maximum la grande bagarre dans la montagne, notamment en demandant à Contador de ne pas attaquer à Arcalis. L'Espagnol reconnaît que sa journée la plus difficile au niveau psychologique sur le Tour de France a été le lendemain de son accélération vers Andorre. Assez paradoxal.

Pour gagner dans les prairies de l'Essex en août, sur un parcours olympique atypique,...