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Le 26/07/2009 à 18:59 | Mis à jour le 17/08/2009 à 23:14

Cyclisme - Tour

«Armstrong n'a pas oublié»

De retour sur le podium, Lance Armstrong n'a pas retrouvé les jambes du Boss mais certains éléments de sa période de gloire ne l'ont pas quitté : une science de la course incontestable et une équipe archidominatrice.
Lance Armstrong et Alberto Contador, coéquipiers et rivaux au sein de l'équipe Astana. (AFP)
Lance Armstrong et Alberto Contador, coéquipiers et rivaux au sein de l'équipe Astana. (AFP)

A bientôt 38 ans, Lance Armstrong est devenu dimanche le deuxième coureur le plus âgé à monter sur le podium du Tour de France, derrière Raymond Poulidor (40 ans), et cela m'impressionne forcément. Après trois années sans compétition, son retour sur le podium prouve qu'il y a quelque chose d'exceptionnel chez ce coureur. Ses chances de bien figurer s'étaient réduites après sa fracture de la clavicule au Tour de Castille-Leon et pourtant il a réussi à retrouver un niveau très compétitif sur le Tour de France. Face à Alberto Contador et Andy Schleck, il n'a pas pu cacher quelques limites en haute montagne et ses performances en contre-la-montre (16e à Annecy) montrent que le Grand Armstrong, celui étouffait la moindre concurrence entre 1999 et 2005, n'est pas de retour. Mais certaines qualités ne l'ont pas abandonné.

La science de la course sauf à Verbier

Lance Armstrong a conquis sa place sur le podium grâce à une expérience exceptionnelle et avec une science de la course indéniable. Symboliquement, cela s'est caractérisé par ces quatre secondes grappillées dans une cassure à Aubenas qui l'ont conforté dans sa lutte pour le podium. Dès le troisième jour, il avait prouvé à tous ses rivaux sa grande concentration et son sens stratégique en évitant le coup de bordure des Columbia, contrairement à l'ensemble des autres favoris. Sa seule erreur aura peut-être d'essayer de suivre Alberto Contador et Andy Schleck dans l'ascension de Verbier. Il s'est retrouvé en surrégime à six kilomètres de l'arrivée et a été distancé par Bradley Wiggins et Frank Schleck qui ont contesté jusqu'au bout sa troisième place. Armstrong a retenu cet incident en gérant les ascensions suivantes.

La stratégie d'Astana lui allait à merveille

Le septuple vainqueur du Tour de France a également profité d'une formation Astana surpuissante. Comme Contador et Klöden, il a profité du contre-la-montre par équipes pour se placer idéalement en haut du classement général, même s'il a laissé échapper le Maillot Jaune pour 22 centièmes. A partir de ce moment-là, j'ai l'impression que le manager Johan Bruyneel a recherché à retarder au maximum la grande bagarre dans la montagne, notamment en demandant à Contador de ne pas attaquer à Arcalis. L'Espagnol reconnaît que sa journée la plus difficile au niveau psychologique sur le Tour de France a été le lendemain de son accélération vers Andorre. Assez paradoxal.

L'EXPERT

Jean-François Bernard

Jean-François Bernard a écrit les plus belles pages de sa carrière sur les routes du Tour de France. Troisième au classement général et porteur du Maillot Jaune en 1987, il a terminé trois autres fois dans les 20 premiers de l'épreuve reine du cyclisme mondial. En 1992, il réalise sa plus belle saison en remportant Paris-Nice, le Critérium International, le Circuit de la Sarthe et la Polynormande et finit troisième de Liège-Bastogne-Liège.
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