Il ne lui a manqué que 22 centièmes. Lance Armstrong a pourtant tout fait pour reconquérir un Maillot Jaune qu'il n'a plus revêtu depuis le 24 juillet 2005. Après avoir habilement négocié le coup de bordure initié par les Columbia lundi, le septuple vainqueur du Tour a prouvé tout au long du parcours du chrono par équipes qu'il avait retrouvé des jambes de feu : au sein d'une équipe parfaitement organisée, l'Américain a souvent dicté le rythme des siens avec de longs relais appuyés, aussi bien dans les parties vallonnées de la première partie, que dans les parties roulantes du final. Après 30 km, le coureur de 37 ans était même leader virtuel pour une seconde. Mais les pertes successives de Gregory Rast (km 10), Dmitryi Muravyev et de Yaroslav Popovych (dans les derniers kilomètres) ont été préjudiciables au collectif de Johan Bruyneel face aux Saxo Bank qui sont toujours restés au complet (3e à 40'') autour de leur moto Fabian Cancellara.
Manque de préparation ou de concentration, certaines équipes ont été piégées mardi : un virage en dévers mal négocié a jeté quatre Bouygues Telecom dans le fossé. Le champion du monde Alessandro Ballan a été piégé au même endroit que Menchov.
Lance Armstrong avait déjà remporté les trois derniers chronos par équipe organisés sur le Tour de France (2003, 2004, 2005) avec US Postal et Discovery Channel. C'est en héritière directe de ces formations que la formation Astana a confirmé sa puissance collective mardi sur un parcours pourtant piégeux et atypique. Malgré une surdensité de leaders, les hommes de Johan Bruyneel ont avalé les côtes, les descentes, les virages des environs de Montpellier, profitant forcément de leur préparation minutieuse du tracé. Si Astana échoue à prendre le Maillot Jaune (en raison des millièmes de seconde du chrono de Monaco), l'équipe place quatre coureurs dans le top 5 (Contador 3e à 19'', Klöden et Leipheimer). Face à la machine à rouler kazakhe, Garmin avait fait un autre choix, celui de sacrifier ses sprinteurs et ses moins bons rouleurs pour affronter les 25 derniers km à cinq. En vain.
Si Garmin va quitter Montpellier avec beaucoup de frustration, d'autres équipes garderont un souvenir encore plus douloureux de ce contre-la-montre si atypique. Dès le deuxième virage, à gauche, Denis Menchov s'est retrouvé à terre et le vainqueur du dernier Giro perd encore 2'20'' au classement général (72e à 3'52''). Cadel Evans peut également pester : entre la crevaison de Johan Van Summeren, la chute de Jurgen Van Den Broeck et le manque de puissance des Silence-Lotto (13e à 2'35''), l'Australien se retrouve désormais à 2'59'' d'Armstrong, à 2'41'' d'Alberto Contador, alors qu'aucun col n'a encore été franchi dans cette course. Comme Carlos Sastre (29e à 2'44''), tous ces perdants de la première semaine sont dans l'obligation de passer à l'offensive rapidement s'ils ne veulent pas devenir les faire-valoir du grand show d'Astana. - Anthony THOMAS-COMMIN, à Montpellier.

Pour gagner dans les prairies de l'Essex en août, sur un parcours olympique atypique,...