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Le 23/06/2009 à 13:03 | Mis à jour le 23/06/2009 à 16:55

Cyclisme -Chronique

Gérer l'abondance de biens

Leaders - équipiers, rouleurs - grimpeurs, l'équilibre est toujours dur à trouver dans la composition des équipes avant le Tour de France.
Comment Contador et Armstrong se partageront-ils les tâches sur le Tour ?(EQ)
Comment Contador et Armstrong se partageront-ils les tâches sur le Tour ?(EQ)

Il n'y pas de recette unique pour monter une équipe pour gagner le Tour de France. Pour résumer, il faut un ou deux coureurs avec des ambitions au général, trois grimpeurs capables de l'accompagner le plus loin possible en montagne et quatre ou cinq rouleurs pour tenir la baraque dans la plaine, pour parer les bordures et contrôler les échappées. Emmener un sprinteur comme le faisait Silence-Lotto avec Robbie McEwen en dépit des ambitions de Cadel Evans peut coûter sur trois semaines.

Avoir un seul leader ou plusieurs atouts sont deux options qui peuvent être aussi efficaces. Si on bâtit le groupe autour d'un seul homme, il faut être sûr de sa force comme avec Lance Armstrong lors de son septennat. En cas de défaillance, c'est la stratégie de l'équipe qui s'effondre, comme pour Damiano Cunego et la Lampre l'an dernier.

Ce sera le principal avantage d'Astana : au départ de Monaco, ils auront quatre coureurs qui sont déjà montés sur le podium du Tour (Armstrong, Contador, Klöden, Leipheimer) et ils ont tous le potentiel pour se placer après le premier chrono. Ils devraient tous être ou plus moins protégés jusqu'à la première étape de montagne. Après, il faudra voir leur capacité à passer au rang d'équipier, pour aller chercher les bidons et mener toutes les tâches ingrates.

Des équipes de baroudeurs chez les Français

Sur le papier, la force d'Astana pourrait rappeler la solidité collective de Saxo Bank l'an dernier : avec les frères Schleck et Carlos Sastre, l'équipe de Bjarne Riis a pu mener un travail d'éreintement dans la montagne contre Cadel Evans, en jouant d'abord la carte Frank Schleck puis Carlos Sastre. Cette année, Astana pourrait adopter la même stratégie : il sera impossible pour les autres équipes de laisser partir un Klöden ou un Leipheimer dans une échappée...

Pour les équipes françaises, la construction du groupe est différente puisqu'elles n'ont pas d'ambition pour le classement général. L'idéal pour gagner des étapes est d'avoir un grand sprinteur, accompagné de quatre-cinq équipiers pour rouler et le placer mais aucun coureur n'a convaincu cette saison, surtout face à la menace Cavendish. On retrouvera logiquement des effectifs de baroudeurs pour multiplier les attaques et les tentatives d'échappée.

L'EXPERT

Jean-François Bernard

Jean-François Bernard a écrit les plus belles pages de sa carrière sur les routes du Tour de France. Troisième au classement général et porteur du Maillot Jaune en 1987, il a terminé trois autres fois dans les 20 premiers de l'épreuve reine du cyclisme mondial. En 1992, il réalise sa plus belle saison en remportant Paris-Nice, le Critérium International, le Circuit de la Sarthe et la Polynormande et finit troisième de Liège-Bastogne-Liège.
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