Un contre-la-montre en ouverture et un de plus de 40 km, de belles étapes de montagne - avec une arrivée au Mont Ventoux - , des étapes pour les baroudeurs. Plus que jamais cette année, le Dauphiné ressemble à un condensé du Tour. Dans ma carrière, j'ai fait les deux, à la fois le Dauphiné et le Tour de Suisse. C'est avant tout un choix du coureur. Pour des questions évidentes de calendrier, il est plus simple pour les coureurs qui sortent du Giro de disputer le Tour de Suisse, qui démarre une semaine plus tard. Les deux courses sont de solides préparations par le Tour car le Tour de Suisse est une belle épreuve, avec un beau prologue, un chrono et des parcours vallonnés. Il se trouve que, cette année, ceux que je considère comme les deux favoris du Tour, Alberto Contador et Cadel Evans, sont présents sur le Dauphiné.
Dans ma carrière, j'ai participé aussi bien au "Dauphiné" qu'au Tour de Suisse, même si je pense avoir le plus souvent couru sur le Dauphiné. Mais c'est sur le Tour de Suisse que j'ai connu ma première victoire chez les professionnels, en 1985. Pour les coureurs français, le fait de courir à l'étranger peut permettre de rouler plus libéré, avec moins de pression. Je ne pense pas que ce soit le cas de Sylvain Chavanel, qui va courir en Suisse, mais il y a certains coureurs, comme Sandy Casar par exemple, qui préfère courir à l'étranger. Casar a les moyens de faire dans les 15 premiers du Tour, voire dans les 10 premiers. Mais il n'aime pas trop être exposé avant le Tour. Or, le Dauphiné bénéficie d'une plus grande exposition en France.
Ce mois de juin est une époque charnière pour les coureurs. Il ya ceux comme les frères Schleck, qui ont commencé tôt, sur les classiques du printemps, et qui remontent doucement en puissance sur le Tour. Pour eux, l'enchaînement Tour du Luxembourg - Tour de Suisse est idéal. Bien qu'ils aient déjà participé à plusieurs courses à étapes, Evans et Contador ot fait du Tour leur objectif n°1. Pour eux, le "Dauphiné" constitue une vraie répétition générale. Enfin, il y a ceux qui ont disputé le Giro, comme Ivan Basso, Lance Armstrong et Levi Leipheimer. Basso, qui ne disputera pas le Tour, était en phase de décompression avant de viser la Vuelta. On l'a vu sur les premiers jours de course au "Dauphiné", avant son abandon. Il n'était pas dans le coup.
Pour les deux Américains, Armstrong et Leipheimer, qui ont choisi d'observer un break entre le Giro et le Tour, cela risque d'être compliqué. Je crois que ni l'un ni l'autre n'auront la capacité de disputer à Contador le statut de leader chez Astana. Ils seront protégés mais dès que les premiers écarts seront faits, en contre-la-montre ou en montagne, l'équipe fera le choix d'un seul et unique leader. C'était déjà le cas au début des années 1990, à la Banesto, lorsqu'il y avait quatre coureurs protégés : Gorospe, Indurain, Delgado et moi. Après le premier contre-la-montre, Indurain mettait les choses au point et il devenait de facto le leader. Ce sera la même chose avec Contador, je pense, qui me semble au-dessus à la fois de ses équipiers, mais également d'Evans ou de Valverde, si celui-ci venait à participer le Tour.

Pour gagner dans les prairies de l'Essex en août, sur un parcours olympique atypique,...