
La deuxième journée des Championnats de France a été riche en événements. Une révélation, celle de Martial Mbandjock, deux résurrections, celles de Ladji Doucouré et Leslie Djhone, et une déception, celle de Christine Arron, en sont les principaux faits marquants.
En l'absence de Ronald Pognon, qui privilégie le 200 m durant le week-end, Martial Mbandjock a frappé un grand coup vendredi à Albi, en finale du 100m. Outre la victoire qu'il s'est adjugée, le sprinteur a réalisé la troisième meilleure performance française de tous les temps sur la distance (10''06), ce qui lui garantit du même coup sa présence à Pékin, les minima fixés par la fédération étant largement dépassés (10'13). «Je suis très fier de ce que jai fait», s'est-il immédiatement félicité au mircro de Canal+ à l'issue de sa course. Malgré les 30°C et le vent (+1,7 m/s), le Nordiste s'est parfaitement acclimaté à ces conditions difficiles. Il est aussi resté concentré en dépit des trois faux départs. «La chaleur (qui) a fait du mal» et «la piste bizarre» n'ont donc pas empêché l'ancien membre du Lille Métropole Athlétisme de rester fixer sur son objectif, lui qui a estimé après coup qu'il «avait ce chrono dans les jambes depuis juin».
Déjà deuxième vendredi dernier de la finale du meeting de Paris/Saint-Denis, le pensionnaire du Team Lagardère (Photo L'Equipe) confirme donc sa montée en puissance à l'approche des Jeux. «C'est bien parce que j'ai eu des périodes de doute (cette année)», a-t-il confié. Avec ce nouveau record personnel, il postule désormais aux demi-finales olympiques, même si pour lui, ce n'est pas une priorité. «Je ne vise pas forcément ces Jeux-là . Je suis trop jeune. Ce sera pour la prochaine fois».
Doucouré et Djhone sur la bonne voie
Toujours à la recherche de sa meilleure forme, Ladji Doucouré s'en est lui approché un peu plus vendredi à Albi, lors des Championnats de France, en égalant son meilleur chrono de la saison lors des séries du 110 m haies. Le sprinteur (Photo L'Equipe) a remporté la course dans un temps de 13''37, avec un vent favorable de 1,3 mètre par seconde. «Je pense que j'ai encore une bonne marge, mais je n'ai pas envie de parler de marge, car je n'ai pas envie de me fixer un plafond», a expliqué le détenteur du record de France (12''97).
Il avait déjà réussi vendredi dernier la même performance lors du meeting de Paris/Saint-Denis, validant ainsi son billet pour Pékin, en passant sous la barre des 13''43, minima imposés pour participer aux JO. Samedi, il tentera de faire encore mieux lors des demi-finales. «J'espère faire beaucoup mieux, a-t-il confirmé. Ce serait bien de faire moins de 13''30 en demi-finale et de sortir des Championnats de France à moins de 13''20». Même si le rendez-vous le plus important de l'année se rapproche à grands pas, le champion du monde 2005, pas encore tout à fait près, n'est pas inquiet. «Il ne reste pas beaucoup de temps (avant le début des JO). Mais je vais tout faire pour aller en finale aux Jeux. (...) Les autres cavalent, a-t-il souri. Il faut se méfier, mais il ne faut avoir peur de personne. Moi, je n'ai peur de personne.»
Bien que déjà présélectionné pour Pékin, Leslie Djhone, qui visait «au moins les minima (45''22)» à l'occasion de ces Championnats de France, a atteint vendredi son objectif en remportant la finale du 400 m dans un chrono de 45''13. «C'est un peu comme l'an dernier. C'était un point de passage où je voulais faire un chrono respectable», a-t-il commenté. Avec son meilleur temps de la saison dans la poche, le détenteur du record de France (44''46) va maintenant pouvoir partir en Chine l'esprit libéré. «J'ai totalement confiance en mon entraîneur. Il me prépare pour les Jeux. Il m'avait dit que je ferais les minima aux "France", c'est fait.»
Arron renonce au 200 m
Même si elle a fini deuxième vendredi de sa série derrière Muriel Hurtis, Christine Arron a renoncé à courir samedi les demi-finales en raison de son temps médiocre. «J'ai fait 23''44, donc je ne vais pas courir demain», a-t-elle simplement indiqué à l'issue de la course. Pourtant elle était dispensée du 100 m par la Direction technique nationale. Cela n'a pas suffi. Pour espérer se qualifier pour Pékin, elle devait au moins courir en 22''72. Peine perdue. Les Championnats de France étant la dernière occasion de réussir les minima olympiques, Arron ne courra donc que le 100 m à Pékin. (Avec AFP)

